Concours de pêche, c'est quoi çà ?

C'est un regroupement de joyeux pêcheurs au bord de l'eau assez tôt le dimanche matin.

Certains joyeux drilles sont toujours là pour mettre l'ambiance, içi Raphael Gavini et Jean-pierre Retailleau les clowns de la Gaule Yonnaise.


Et pourquoi donc ?

Pour s'affronter tel de preux chevaliers dans une épreuve et ainsi gagner le St Graal (la coupe). La ressemblance avec les chevaliers est due au fait que chacun défend ses couleurs (son club) et que chevauchant son panier siège armé de sa grande canne chacun essaie de déstabiliser ses voisins (prendre plus de poissons qu'eux).
Je vous rassure tout de suite, il y a très peu de blessure (souvent d'amour propre) et tout cela se termine à la buvette surtout lorsqu'il fait chaud (aubergiste a boire ou j'tue l'chien).

Et dans quel but fait -on tout cela ?

Cela dépend des concurrents, soit pour gagner la prime ou remporter le gros lot pour certains, pour étoffer leur impréssionnant palmarès ou encore pour passer un bon moment entre copains et parler pêche.
Bref pour tout ce monde, c'est le moyen d'arriver au sommet de notre art (il faut bien le dire certains sont de véritables artistes). Le but ultime est de maîtriser toutes les techniques de pêche au coup et ainsi être au TOP dans toutes les conditions de pêche (en surface, sur le fond, les ablettes, les carpes, pêche dans le courant, pêche à l'anglaise ou à la bolognaise Ect…)
Pour conclure nous sommes des fêlés d'la pêche et notre drogue c'est de nous retrouver tout les week-end au bord de l'eau entourés d'autres fêlés pour s'affronter et rapporter à la maison " un nid à poussière "(la coupe).
Comment se déroule un concours
Avant de participer à un concours, il est nécessaire d'obtenir des renseignements sur le parcours (si vous ne l'avez jamais pêché) : espèces présentes, densirté de poissons, présence de courant, éventuellement résultats des précédents concours, cela permet de vous faire une idée de la tactique a employer.
Ensuite le premier moment important est le tirage au sort de sa place, là chacun à sa façon de faire :
- porter un gri-gris
- faire une prière
- ou encore proposé aux organisateurs de payer plus cher pour avoir une " aile ".(la je plaisante)
Pour mon cas je mets ma " casquette à brème " je tourne la tête dans le sens opposé au bac contenant les numéros et je pioche au " pif " (ainsi en 1997 j'ai tiré 10 ailes) : les ailes sont les numéros qui se situent aux extrémités du parcours souvent se sont les N°1 et le gros numéro, d'un des cotés il n'y a pas de pêcheurs donc théoriquement on peut espérer prendre plus de poissons que ses voisins.
Cette formalité faite, il vous reste à vous installer, d'abord regardez votre place : remous de poissons, bulles, herbiers, Ect… .Maintenant il vous faut définir une tactique : ces choix sont importants car dans 90% des cas ils conditionnent votre classement final.
D'un coté les renseignements sur le parcours, ensuite votre place puis votre choix pour telle ou telle technique (grande canne, anglaise, bolognaise) tout ce savant mélange va vous permettre de choisir les lignes, le poids des flotteurs, la taille d'hameçon, le type d'amorce et d'amorcage.
Si vous décidez de pêcher les ablettes en surface alors qu'il s'agit de prendre des brèmes à l'anglaise, il est fort a parier que le résultats du concours sera mauvais.
Maintenant le matériel est monté, vient le tour du sondage, " prendre le fond " est une opération importante sinon obligatoire, elle va vous permettre d'imaginer le relief du fond de l'eau ainsi que sa consistance, le but du sondage est de savoir ou vous allez déposer l'amorce et comment vous allez le faire.
Vous voilà au début du concours et il vous reste 2 ou 3 heures pour vous exprimer par rapport à vos voisins .Si vos choix de départ étaient conformes à la pêche a pratiquer et que vous avait maîtrisé votre technique parfaitement (ferrage, contrôle de ligne, rappel précis…), logiquement vous devriez êtres " classé ", bien souvent pour espérer " la gagne " il faut faudra " tomber dedans " c'est à dire être sur une bonne place, assez souvent ce sont les fameuses ailes ou bien les places à gros poissons (grosses brèmes, carpes…).
Enfin, je dirais que la réussite en concours c'est bien souvent une bonne place et ensuite des choix plus judicieux ou mieux réfléchis que ses voisins.
Une mauvaise place sera toujours mauvaise quelle soit pêchée par Monsieur X ou par un champion du monde, Mais une bonne place ne veut pas toujours dire une victoire obligatoirement, avoir une bonne place est une chose mais prendre les poissons qui sont dessous en est une autre !.
Une dernière chose se sont toujours les poissons qui décident et en plus ils jouent toujours à domicile :
N'imposez pas votre façon de faire, adaptez-vous aux conditions.

Championnat du monde Paris 2001

Le troisième pêcheur en partant du bas c'est un français: Jean DESQUE Une vue des quais en hauteur

Comme dans tous sport, pour justifier d’un niveau technique et ainsi d’une reconnaissance du commun des pêcheurs au coup, on organise des compétitions .
Pour désigner le meilleur pêcheur, des régles sont décidées, ainsi qu’un moyen de calculs pour départager les concurrents, le but étant de prendre le maximum de poisson sur une place attribuée par tirage au sort.
Les régles :
Limitation de la longeur de canne, possibilité d’utiliser ou non le moulinet (pêche à l'anglaise, bolognaise).
Limitations d’amorces et esches vivantes.
SEADA :Sans Esches Animales Dans l'Amorce, SFDA : Sans Fouillis Dans l'Amorce
Durrée du concours.
Type de concours :
individuel, américaine(équipe de 2), par équipe (de 4 ou 5).

Mode de calculs des points :
au poids (1 pts par gramme) .



Les championnats
Au dela des concours, il existe les championnats cela permet d’avoir un classement national, mais pour y participer il faut être titulaire d’une licence, comme dans n’importe quel sport.
Les championnats permettent de monter en division : on commence en départementale au plus bas niveau, on monte selon le nombre de division jusqu’à arriver en championnat de ligue (régionaux) qui représente les régions (Pays de Loire, Limousin, Région Ile de France…)
Passé ce cap nous arrivons en division nationale : les promotions soit dans les 276 meilleurs français (il y a 6 championnats de promo en France) viennent ensuite les 3°, 2° nationale et enfin la 1ère nationale d’ou est issu chaque année le champion de France .(C.Ravat en 2002 et 2003)
Pour les féminines ainsi que les juniors, minimes, espoir, cadets il faut justifier d ‘un palmarés pour accéder aux divisions nationale de ces catégories.
Les championnats se déroulent en 3 ou 4 manches.

Ambiance
Un concours a une ambiance particulière, que ce soit en étang, en lac, en rivière rapide, le but finale est de faire mieux que tous les autres concurrents, de maitriser la technique de pêche au coup adaptée au parcours ou se passe l’épreuve. Le matin des concours outre les figures encore a peine réveillée des participants on sent une émotion, un stress : Ou vais-je tomber, Est-ce je vais prendre des brèmes, Pourvu que je tire une aile.Tout le monde pense avoir la meilleure amorce, les plus beaux vers de vase, le truc que les autres ne connaissent pas.
Le tirage au sort est souvent déterminant, les habitués connaissent les bonnes places et les commentaires vont bon train selon qui tombe dessus : un tel à la place à gros poisson mais il pêche mal donc un autre qui est sur les plaquettes aura des chances de l’emporter.
Au final on se rend compte que ce sont toujours les bons qui se retrouvent devant et que les épreuves de pêche ont leurs champions comme pour le football ou le rugby.
Réussir en concours
Il n’y a pas de recette miracle pour gagner un concours.
Les grandes régles sont ni plus ni moins celles de la pêche au coup :
Mais on pousse le détail au maximum, Bien sonder pour connaitre le moindre détail du fond.
Avoir des flotteurs plombés correctement et bien choisir son poids en fonction des conditions (vent,courant)
Utiliser une amorce adaptée au lieu pêché en fonction des espèces présente de la profondeur et de la couleur de l'eau.
Controler sa ligne en fonction des conditions de vent, dérive pour augmenter le nombre de touche.

Pour conclure Ce qui étonne le non initié c'est souvent la quantité de matériel déballé, une grande canne, plusieurs kits, repose cannes, station complète, bacs à amorces ect… mais il ne faut pas s’y tromper tout cela est plus pour le confort du pêcheur que d’une réelle éfficacité pour prendre du poissons, le plus souvent tout ce « matos » permet simplement de gagner quelques précieuses secondes sur 2 ou 3 heures de concours permettant ainsi de prendre 1 ou 2 poissons supplémentaire mais en aucun cas tous le matos de permettra jamais de faire une énorme différence. Maintenant il faut surtout savoir s’adapter a l’humeur du poisson, car ce sera toujours lui qui décidera de mordre ou pas et a ce jeu là l’expérience vaut toute les amorces du monde.
Pour ceux qui font régulièrement des concours, la polyvalence est de mise en effet connaître les différentes techniques (anglaise, bolognaise…) apporte un plus dans la réussite et un choix plus large dans la tactique à adoptée. C’est pour cela que les compétiteurs de l’équipe de France maitrisent toutes les pêches de toutes les espèces car pour participer aux championnats internationaux, il faut savoir « tout faire » de l’ablette à la carpe en utilisant toutes les techniques, pêche de surface, de fond, en bordure, les pêches au moulinet….
Pour terminer ce sujet, trois dictons sont souvent entendu au bord de l’eau :
- Celui qui gagne n’est pas celui qui a pris le plus de poissons, mais celui qui a loupé le moins de touche.
- La pêche du dimanche n’est jamais celle du samedi.
- La pêche n’est pas une science exacte.
Tout cela pour dire que nul ne posséde la connaissance compléte des secrets de comment prendre plus de poisson que ses voisins, l’amorce miracle n’existe pas, mais que moyennant quelques adaptations et avec beaucoup d’observation, d’expérience et un peu de chance le podium n’est jamais loin.







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